Ils ont soixante-cinq ans, un peu d’embonpoint et quelques rides, mais c’est sans complexe et le sourire aux lèvres que Denise et Jean débarquent dans un club échangiste avec la ferme intention de s’amuser, comme à leur habitude.

Depuis combien de temps vous connaissez-vous ?

  • Jean – Nous nous sommes rencontrés en 1972 dans un camping plus ou moins hippie où sévissaient l’amour libre et la consommation de substances pas vraiment licites. Ça a été le coup de foudre immédiat, en tout cas pour moi.
  • Denise – A l’époque, je me promenais quasiment toujours les seins nus, histoire d’appâter les jeunes mâles en rut. J’ai toujours eu un appétit féroce pour les hommes, et quand Jean est venu me draguer, j’ai d’abord cru que c’était pour un coup d’un soir.
  • Jean – Moi, j’étais amoureux, et finalement, j’ai réussi à séduire Denise pour un peu plus que pour le sexe.
  • Denise – Il faut dire que Jean avait des arguments. Il était doux, cultivé, drôle et surtout, c’était un merveilleux amant, musclé et bien monté.
  • Jean – J’avais tourné dans un des premiers films pornographiques français de l’époque. Dans les années 1970, c’était surtout un moyen de s’éclater, de s’exhiber et de gagner un tout petit peu d’argent.

Vous étiez donc déjà libertins ?

  • Jean – A cette époque, on ne voyait pas les choses comme ça. Nous étions libérés. On baisait de façon politique ! (rires des deux) Sérieusement, c’était très rebelle de faire des photos de charme, et ça nous a d’ailleurs permis de vivre très correctement en ne pensant qu’au sexe.
  • Denise – Nous voulions enlever le côté « propriété » de la notion de couple. Quand j’avais envie de faire l’amour avec un autre homme, je le faisais, et Jean aussi, de son côté. Et puis nous partouzions sans trop nous poser de questions.

Vous êtes nostalgiques de cette époque ?

  • Denise – De notre jeunesse révolue oui, mais sinon, il faut bien dire que les choses sont plus faciles aujourd’hui. Les couples sont quand même plus libres, et les puritains ont perdu du terrain, heureusement.
  • Jean – Denise s’est mise tourner des films X. Moi, j’ai ouvert un premier sex-shop. Toute notre vie était tournée vers le sexe et le plaisir. Ça a toujours été comme ça, jusqu’à maintenant.
  • Vous êtes toujours aussi libérés ?
  • Jean – Nous allons régulièrement en club. Bien sûr, nous avons moins de succès qu’avant, mais il reste quelques dinosaures du sexe libre comme nous avec qui nous continuons à nous amuser.
  • Denise – Et puis, il y a des couples plus jeunes que ça ne gêne pas de faire l’amour avec des gens plus âgés. Dernièrement, nous avons été dragués par un couple de la trentaine, tous les deux très mignons, et qui voulaient vivre des expériences un peu hors-du-commun.
  • Vous êtes un peu les stars de ce club, non ?
  • Denise – Oui, ou plutôt les doyens ! (rires) Mais les libertins un peu curieux et ouverts d’esprit savent que nous connaissons bien les choses du sexe. Que nous connaissons tous les petits et les grands trucs pour faire monter nos partenaires aux rideaux.
  • Jean – Sexe tantrique, Kâma-Sûtra, tout ça n’a pas de secret pour nous. Et surtout, nous avons beaucoup d’expérience. Dernièrement, j’ai initié une jeune femme de 35 ou 36 ans à la sodomie. Avec son mec, elle avait trop mal. Mais moi, je sais y faire.
  • Denise – Et pourtant, tu es bien mieux membré que lui ! (rires)
  • Jean – C’est une question de patience et de doigté…

Les boîtes deviennent de plus en plus « m’as-tu-vu », non ?

  • Jean – Ça a toujours existé, les gens qui se croient plus beaux que les autres. La beauté, ça ne dure pas, et nous savons de quoi nous parlons.
  • Denise – Après, si des couples ne veulent pas de nous parce que nous ne sommes plus assez bien foutus, il n’y a pas de problème. C’est eux qui ratent quelque chose, car malgré les années, nous sommes encore de très bon coups ! (rires)
  • Jean – Celles et ceux qui friment en se croyant beaux sont souvent des nullités crasses pour le sexe. Presque quarante ans de libertinage derrière nous, nous pouvons en témoigner.