Ils ont connu les clubs de Paris, de leur région (la Lorraine) et ceux du Cap-d’Agde. Emma et Greg ont 30 ans et une approche bien particulière du mélangisme : ils pratiquent ce qu’ils appellent la maraude.

Comment définiriez-vous votre libertinage ?

  • Emma – Nous sommes mélangistes, a priori. Mais ce qui caractérise le mieux notre libertinage, c’est le sexe ludique. Nous ne nous sentons jamais obligés « d’aller au bout » d’une relation sexuelle, le « bout » en serait l’éjaculation masculine…
  • Greg – Nous picorons ! Quand nous participons à une soirée libertine, nous aimons aller vers les uns, vers les autres, prendre du plaisir et en donner, avec tous les couples qui nous plaisent.
  • Emma – Ou plutôt qui ne nous déplaisent pas. Nous coquinons avec des gens que nous n’aurions même pas remarqués dans la rue, mais l’essentiel n’est pas là. L’important, c’est le jeu en commun, les nouvelles expériences, et le plaisir.

Qu’appelez-vous picorer ?

  • Emma – Dans une soirée libertine, il nous arrive, plutôt que de draguer un couple en particulier, de faire le tour du club et de voir qui est en train de baiser. Là, si nous en avons envie et si la situation s’y prête, nous tentons une approche du style une caresse sur l’épaule. Si on obtient une réponse favorable, nous continuons, un peu, beaucoup, passionnément : des caresses, des baisers ou plus. Et puis, nous continuons notre chemin.

Ça n’est pas frustrant ?

  • Greg – Au contraire ! On s’amuse comme des fous. Encore une fois, il s’agit autant de donner du plaisir que d’en prendre. On passe d’un couple à l’autre, on découvre des corps, des manières de faire, des couples qui prennent le libertinage au sérieux et d’autres qui ont une approche plus ludique…

Et pour les autres couples ?

  • Greg – On n’a jamais eu de plaintes (rires)
  • Emma – La plupart du temps, nous nous invitons dans des groupes déjà constitués. Comme la plupart des libertins recherchent la pluralité, ils sont le plus souvent ravis de nous voir nous mêler à leur partouze. Et puis, il y a les couples qui sont restés à deux…
  • Une fois, dans un club de notre région, nous nous étions déjà bien amusés, et pour tout dire, nous étions fatigués sur le plan sexuel, si vous voyez ce que je veux dire… Nous avons décidé de « partir en maraude ».
  • Greg – Oui, je vois de quelle soirée tu veux parler.
  • Emma – Nous sommes tombés  sur un couple qui baisait à deux dans un espace public. Ils n’avaient pas trouvé leur bonheur apparemment. Ils semblaient timides et un peu complexés. Nous nous sommes approchés d’eux, mademoiselle était en amazone sur la queue de son mec. J’ai commencé à caresser le torse de monsieur, tandis que Greg prodiguait de douces caresses, au début sur les épaules, ensuite sur tout le corps, à mademoiselle. Ils se sont laissés faire, nous ont rendu un peu nos caresses et ils ont joui, tous les deux, très fort.
  • Greg – En se remettant de leur orgasme, ils nous ont embrassé en nous disant merci. La scène s’est déroulée devant les yeux d’autres clients du club : attention, certains pensent que ce genre de pratiques, ça ne se fait pas.
  • Emma – Mais nous, nous étions contents de cette expérience, et le petit couple était ravi… que demande le peuple ?

Comment être sûrs que votre initiative sera bien accueillie ?

  • Emma – Attention, nous ne sommes pas des gros bourrins, ce n’est pas la main au panier directement ! (rires) Au contraire, quand nous cherchons un premier contact physique, nous touchons ostensiblement une main, une épaule, le dos. Comme ça, si on ne souhaite pas notre présence, il n’y a rien de grave…
  • David – Il nous arrive aussi d’être invités à rejoindre une partouze. Une fois, c’était quatre couples qui baisaient ensemble. On nous a fait signe de participer, ce que nous avons bien sûr accepté. Au bout d’une heure, nous nous lassions un peu, nous voulions quelque chose de neuf. Nous sommes repartis, en laissant les couples à leur orgie. Quelques mètres plus loin, un superbe couple de blacks baisait tout seul. Nous avons tenté notre chance et nous avons réussi. Pendant que nous jouions avec le couple, l’orgie s’est terminée. Je me souviendrai toujours du regard amusé d’une des participantes qui nous a reconnus en partant.
  • Emma – Et oui… c’est ça le libertinage, de l’amusement érotique dans le respect de chacun. Et ça nous va parfaitement.